| Les trains du Kosovo |
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Ce petit réseau au cœur des Balkans cherche un nouveau souffle, après le conflit de 1999, dans un contexte politique difficile.
C’est en 1874, sous l’empire Ottoman qu’ouvre la première ligne de chemin de fer dans la Province du Kosovo entre la frontière Macédonienne et Mitrovica. Elle constitue un prolongement de la ligne de Salonique et Skopje, ouverte l’année précédente. Ce n’est qu’après les périodes troubles de la guerre des Balkans, et la reprise du Kosovo par les Serbes que reprend la construction de ligne de chemin de fer : La ligne est prolongée vers Lesak et Raska en 1931. Puis le réseau se développe peu à peu, autour de Kosovo Polje. En 1934, ouverture d’une antenne jusque Pristina, et en 1936 ouverture de la ligne Kosovo Poje – Pec vers l’ouest de la province.Au lendemain de la seconde guerre mondiale alors que la Yougoslavie entre dans l’ère de Tito, s’ouvre la ligne Pristina - Kursumlija qui se prolonge vers Nis Le réseau termine son développement dans les années 60 avec l’ouverture de la ligne Klina – Prizren, embranchée sur l’axe Kosovo Polje – Pec.Par la suite, seront construites des lignes complémentaires vers l’aéroport et vers Gracanica, tandis que des voies industrielles sont posées.L’ensemble du réseau est construit à voie unique et est non électrifié. Il est intégré aux JZ (Jugoslovenske Zeleznice) à leur création.
Jusque dans les années 90, le train phare pour le Kosovo est l’Akropolis-Express, qui relie Munich à Athènes. Traversant la province à 100 km/h, il n’y dessert que Mitrovica et Kosovo-Polje. Il permet le retour des migrants exilés pour le travail en Europe du Nord et de l’Ouest, mais aussi celui des étudiants à Zagreb. Du coté des services nationaux, Kosovo Polje est relié quotidiennement par deux trains rapides à Beograd (un train de jour et un de nuit), tandis que trains régionaux entre d’une part Kosovo-Polje et d’autre part Kraljevo, Pec, Skopje complètent l’offre.
L’escalade de la violence entre Albanais et Serbe dans la province à partir de 1996, et l’échec des accords de Rambouillet de février 1999, amène l’intervention de l’OTAN à partir du 24 mars 1999. Début juin, l’organisation interrompt ses bombardements et, le 12 juin, la KFOR, mandatée par le Conseil de sécurité des Nations unies, pénètre au Kosovo. Outre les milliers de victimes et de populations déplacées, le conflit a provoqué de gros dégâts sur le réseau et le matériel ferroviaire.Le déploiement des forces d’intervention de la K-FOR nécessite l’utilisation des infrastructures ferroviaires et donc, leur remise en état. Les régiments spécialisés en travaux ferroviaires Anglais puis Italiens prennent la direction des opérations. Ils remettent en service en priorité les axes stratégiques pour les armées :
A partir de novembre 1999, l’UNMIK (UN Mission in Kosovo) assure le financement et certaines opérations de gestion des chemins de fer de la province du Kosovo, les pouvoirs sont encore renforcés jusqu’en 2001 et en mars 2001 naît l’UNMIK Railways, avec son propre logo. Les militaires italiens laissent placent désormais au personnel civil et il s’agit de faire travailler au sein de cette structure et en harmonie, du personnel issu tant des populations serbes qu’albanaise. Il faut tout reconstruire, offrir un nouveau souffle au réseau et aux trafics ferroviaires, alors que la Province est relativement pauvre, et a peu d’industries lourdes.Les trains de voyageurs sont remis en place en fonction de la remise en état des installations, sous l’opération « Freedom of Movement Train (FoMT) » : 27 décembre 1999, une première circulation voyageurs est mise en œuvre entre Kosovo Polje et Zvecan via Mitrovica pour mettre à disposition des Serbes un moyen de transport entre les différentes enclaves. L’année suivante, ouverture du service Kosovo Polje – Lipljan sur la ligne de Macédoine, et Pristina – Pec, le 30 mai 2001. Ce dernier est suspendu dès Janvier 2002, pour raison de sécurité. En 2002, sur la ligne de Macédoine, le service est prolongé de Lipljan à Gureza. Mais la priorité, est la réouverture de la ligne de Mitrovica, jusqu’en Serbie, ligne fortement endommagée, en particulier les deux grands ouvrages d’art à proximité de Gate one : un pont sur l’Ibar du côté serbe et un tunnel du côté Kosovar. La rénovation du tunnel est terminée en septembre 2001, tandis que celle du pont se termine quelques mois plus tard. Les installations de sécurité et de télécommunication sont remises en service. Le 31 mai 2002, l’UNMIK Railways signe un accord en vue de la réouverture du trafic voyageur en gare de Lesak, première gare située au Kosovo, et qui devient le point de correspondance avec les trains des JZ. Un accord pour l’exploitation commune de la gare est signé le 5 septembre 2002.
Le premier train voyageurs en provenance de Kosovo Polje arrive à Lesak le 12 décembre 2002. En Mars 2003, deux trains quotidiens assurent désormais le service entre Deneral Jankovic et Lesak. La ligne vers Gracanica est ouverte le 11 avril 2003 et le service voyageurs rétabli, toujours dans le cadre de relier les différentes enclaves serbes à compter du 12 juin 2003. Le service circule les Lundi et Vendredi à l’aide des autorails ALn 668. Ces trains sont en correspondances avec les FoMT à Kosovo Polje.L’année 2006 voit des nouveautés importantes pour les chemins de fer du Kosovo. Tout d’abord, en janvier, l’UNMIK Railways laisse place au Kosovske Zeleznice/Hekurudhat e Kosovës (KZ/HeR). Le 28 février, deux allers-retour sont enfin mis en service entre Skopje (Macédoine) et Pristina et désignés « IC ».Dans les mois à venir, les KZ/HeR espèrent ouvrir un service voyageurs composé de deux allers-retours entre Kosovo Polje et Pec, avec des autorails provenant de Suède.
Coté fret, la situation retrouve des petites couleurs. Dans les années 80, les lignes du Kosovo transportaient 3 millions de tonnes par an. Avec le conflit, le trafic s’est écroulé, et en 2004, UNMIK Railway a transporté seulement 265 000 tonnes. Ce trafic est essentiellement constitué de pétrole en provenance de Macédoine, ainsi que des matériaux de construction. En septembre 2004, un terminal à conteneurs a été implanté à Kosovo Polje Miradi. En 2006, le succès est au rendez-vous, puisque grâce aux actions de promotions, 1015 caisses sont passées sur le terminal.Jusqu’à récemment, l’intégral du fret (hormis quelques trains militaires) transitait par le point frontière de Deneral Jankovic. La reprise des échanges fret par Lesak depuis l’année 2005 est un autre signe encourageant : 10 000 tonnes y ont transité en 2006, ce chiffre a déjà été atteint pour les 6 premiers mois de l’année 2007.Mais le projet majeur pour le fret ferroviaire kosovar est la mise en place de transports pour les mines de NewCo Ferronikeli. Cela à débuté par la remise en état en 2006 par les KZ/HeR de 24 wagons du type Fals, et de la ligne industrielle de 15 km de long entre Bardh et Golesh et le 14 juin 2007, c’est un contrat de 2 millions d’euros qui a été signé entre les KZ/HeR et NewCo Ferronikeli pour le transport de minerai entre la mine de Golesh et la fonderie de ferronikel.
Pour l’avenir, les projets ne manquent pas :
La réouverture des trafics voyageurs vers la Serbie et à présent vers la Macédoine, le renouvellement du parc et la montée en puissance des services voyageurs et fret sont autant de signes encourageants pour la province. Les 320 cheminots des Kosovske Zeleznice/Hekurudhat e Kosovës, travaillent de concert, pour préparer l’avenir de la nouvelle entreprise ferroviaire, avec comme mots d’ordre : sécurité et service aux clients (voyageurs et fret).
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