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DE LESAK A SKOPJE A TRAVERS LE KOSOVO EN TRAIN

 

Voyage ferroviaire paisible du Nord au Sud de la province du Kosovo, entre plaine arride, montagnes, rencontres et incendie...


Vendredi 27 juillet 2007, 10h00. La gare de Lesak débute sa journée. La gare s’anime petit à petit, le train en provenance de Kraljevo est annoncé. Il s'immobilie en gare, les voyageurs dont la plupart vont continuer leur voyage en direction de Kosovo Polje descendent des voitures. Puis c’est au tour du train en provenance de Kosovo Polje de faire son entrée en gare. La machine du type Nohab est immédiatement détellée et manœuvrée pour la remise en tête. Le flux des voyageurs s’anime alors. Les voyageurs en provenance du Kosovo montent immédiatement dans le train pour Kraljevo, les voyageurs en attente sur le quai investissent rapidement les voitures suèdoises des HeK/KZ, je fais de même.

Une première heure de voyage

Le départ de notre train est donné à 10h27. La vente des billets débute immédiatement, le train est rempli à 50 %. Beaucoup de voyageurs sont issus du train en provenance de Kraljevo. Arrive le premier arrêt. Pas de quai, pas de bâtiment, une halte au milieu d’un verger. 2 voyageurs montent dans le train, le contrôleur donne l’ordre de départ au conducteur. Le franchissement du premier tunnel, dans le noir (la lumière n’ayant pas été mise en service) annonce l’arrivée à Laposavic, une vrai gare, avec sa voie de croisement, ses voies de service, la signalisation lumineuse en service. Jusque Mitrovica, le train circule au milieu des montagnes, suivant ou franchissant l’Ibar, lieu de pêche ou de baignade pour la population locale. Des flancs de montagne sont carbonisés, d’autres continuent de brûler. Depuis quelques jours, des incendies sous l’effet de la chaleur et la sécheresse ravagent le Kosovo et la Macédoine.

L’ambiance dans le train est conviviale. Il est essentiellement fréquenté par des habitués en solo, avec des amis, en famille pour des motifs on ne peut plus divers : se rendre à l’école, aller en ville pour y faire ses courses, au marché, ou les démarches administratives, voir des amis, de la famille, aller à la pêche... C’est ainsi que les colis et autres bagages étonnant sont chargés à bord du train, qui est équipé d’un wagon marchandises, assurant le rôle de fourgon. Les équipes d’accompagnement discutent avec les passagers, et assurent la vente du titre de transport unique à 0,50 c d’euros, à chaque montée de voyageurs. La propreté et l’état du train est remarquable, il y est d’ailleurs interdit de fumer.

Transition

Après une heure de voyage, une immense cheminée dans le paysage annonce l’arrivée dans le district de Mitrovica. Le train dessert tout à bord Zvecan. S’y déroule un important renouvellement des voyageurs. En effet, Zvecan est la dernière gare « Serbe » de la ligne. 11h34, le train repart, pour enfin desservir Mitrovica, cinq minutes plus tard. Désormais, le nom des gares est affiché en Serbe et en Albanais. Le train est proche d’être complet. Le train parcoure la plaine, les montagnes se fondent au loin dans le paysage, les près ont laissés place aux parcelles cultivées plus importante. Les arrêts se succèdent, certains en plein champs, d’autres dans des gares de plus grandes importances, disposant de voie de croisement et de service. Une famille de rom s’installe sur les quatre fauteuils en vis-à-vis, de l’autre coté de l’allée centrale. Un des enfants m’observe, étonné de me voir. Avec sa naïveté enfantine, il n’hésite pas à me demander d’où je viens : « english ? » me dit il. « Francuz », que je lui réponds. Content de l’information que je viens de lui donner, il n’hésite pas à le dire à l’ensemble de sa famille, qui me regarde en souriant. Deux fauteuils plus loin, deux vieillards, qui me dévisageaient depuis un bon moment, et qui se demandaient d’où je venais, sont ravis de l’apprendre également. Alors qu’ils m’appelaient le « tourista », désormais, ils m’appellent le « Francuz » dans leur conversation.

De Mitrovica à Kosovo Polje

Le train poursuit sa route, l’ambiance est toujours conviviale dans le train. La chaleur est néanmoins étouffante.
L’apparition dans le paysage de la terrible centrale thermique Kosova 2 annonce l’arrivée à Obilic. Il est 12h29 quand nous quittons la gare. 10 minutes plus tard, notre train entre en gare de Kosovo Polje.
Débute alors des manœuvres de voitures voyageurs, au rythme de coup de sifflet, pour finalement former la rame qui assurera le train à destination de Skopje, exceptionnellement origine Kosovo Polje.

Correspondance pour la Macédoine

Désormais formé, les voyageurs prennent place à bord des voitures, et c'est déjà l'heure du départ. Le train longe les installations de Kosovo Polje sur sa droite. Tout d'abord le dépôt, puis la gare de triage. A partir de Güreza, gare que le train international ne dessert pas, la ligne perd son caractère rectiligne, qu’elle à depuis Mitrovica. Elle suit les méandres du Lepenac, qui se jete dans le Vardar à Skopje. Le train roule porte d’intercirculation d’extrémité ouverte, avec une barrière de protection, pour permettre une meilleure ventilation dans le train. Franchissement de quelques tunnels, la ligne est désormais en pente, la vallée se rétrecit. 14h30, le train dessert Kacanik, dernière arrêt avant la gare-frontière.

14h45, le train s’immobilise en gare de Deneral Jankovic. Le Nohab est retirée, une CC 661 des MZ est mise en tête de notre train. Dans les deux voitures, les controles de la police et de la douane se déroulent dans une ambiance sereine. Le policier a un geste amical, pour tous les enfants, qui déambulent dans l’allée centrale de la voiture voyageurs. Après un arrêt de 15 minutes, le train repart, pour s’arrêter cinq minutes plus tard, au point frontière de Volkovo. Notre train entre officiellement en Macédoine. Ce point d’arrêt, constitué uniquement de la voie et d’un quai ne sert qu’aux formalités douanières. 15 minutes d’arrêt sont également observées, avant que le train ne reparte. Le train dessert alors Volkovo, Le paysage s’ouvre à nouveau, le train traverse désormais les faubourgs de Skopje. A XX, le train s’immobilise en gare de Skopje. Quelques voyageurs changent de quai pour prendre la correspondance vers Veles et Thessaloniki, assurée par l’Olympus. Désagrément de taille, celui-ci affiche 3 heures de retard.


Instantanés de Lesak à Deneral Jankovic
(2005 et 2006)
Ib-Slatina (02/08/2005)
Vue générale de Mirovica depuis le train (02/08/2005)
Gare de Mitrovica (02/08/2005)
Plaine du Kosovo au sud de Mitrovica (02/08/2005)
Obilicq, vue en direction de Lesak. A gauche, la centrale Kosova B (02/08/2005)
Kosovo Polje. A gauche le triage (16/08/2006)
Entre Kacanik et Deneral Jankovic (16/08/2006)

L'album photo des trains du Kosovo


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